Il ne suffit pas de voir un objet jusque-là invisible pour le transformer en objet d'analyse.

Il faut encore qu'une théorie soit prête à l'accueillir.

F. Jacob

Fondations théoriques

La pédagogie Montessori

Médecin, anthropologue et pédagogue, Maria Montessori a identifié l’existence d’un « esprit absorbant », une capacité particulière propre au jeune enfant permettant à ce dernier de forger sa personnalité en s’inspirant des éléments et des personnes qui l’entourent. Au cours de son évolution, l’enfant passe par des étapes appelées « périodes sensibles » où il acquiert des connaissances en se mettant en relation avec un aspect particulier de son milieu. Tout naturellement, l’acquisition de connaissances se fait dans l’enthousiasme et la motivation. 

De plus, l’environnement préparé est constitué des acteurs, c’est-à-dire des enfants, des adultes et de l’animal, mais également de l’ambiance et du matériel utilisé en séance. L’objectif est la mouvance en totale liberté et le choix des activités afin de développer leur autonomie et le sens des responsabilités. Qu’il s’agisse d’une activité motrice, sensorielle, intellectuelle, le matériel a vocation à développer et à perfectionner cette activité.

Maria Montessori partait de l’observation des besoins et des ressources de chacun afin de créer une démarche éducative se centrant sur les aptitudes plutôt que les déficits. C’est une des raisons pour laquelle elle est utilisée dans l’accompagnement de personnes adultes en situation de handicap ou d’un trouble neurocognitif, pour exemple la maladie d’Alzheimer.

Ainsi, en intervention, il est primordial d'offrir la possibilité d'épanouir au maximum les différentes sensibilités de l’individu :

  • dans un cadre adapté à ses besoins psychologiques et sensoriels ;
  • en respectant son rythme propre et ses particularités individuelles ;
  • tout en l'éveillant à la vie sociale.

"Aide-moi à faire seul"

Maria Montessori

La Validation

Elle a d'abord été décrite par Naomi Feil, une travailleuse sociale américaine qui avait été élevée à Montfiore, une maison pour personnes âgées que dirigeait son père.

La validation ou thérapie par empathie, a pour objectif principal de maintenir la communication avec les personnes du grand âge, désorientées, afin de les accompagner dans une relation respectueuse de leur identité tout en reconnaissant dans leur comportement, la manifestation de leur besoin d’exister en tant qu’individu et d’être entendus.

Il s’agit donc, en améliorant la communication au cours des séances, de maintenir des liens authentiques avec la personne âgée et de contribuer ainsi :

  • à restaurer le sentiment de sa valeur personnelle ;
  • à réduire son anxiété ;
  • à améliorer son bien-être subjectif.

"Quand on perd la notion du temps présent et du lieu, quand l’heure de la retraite a sonné, quand les règles n’ont plus d’importance, quand les obligations sociales ont perdu tout intérêt, alors c’est l’essence même de l’humain qui s’exprime. Quand leur vue baisse et que le monde extérieur devient flou, les personnes âgées regardent en elles-mêmes : pour voir, elles se servent des « yeux de leur esprit » et les gens du passé redeviennent réels.Lorsque leur mémoire des faits récents s’affaiblit et que leur notion du temps se brouille, leur vie se rythme en termes de souvenirs, et non plus en termes de minutes. Si elles perdent l’usage de la parole, des sons et des rythmes la remplacent, et les mouvements appris dans leur jeunesse se substituent aux mots. Pour survivre aux pertes du temps présent, elles restaurent un passé dans lequel elles trouvent davantage de sagesse ou de plaisir."

Naomi Feil

L'approche éthologique

L’éthologie est la science qui étudie le comportement des êtres vivants, humains et animaux, dans leurs milieux de vie. Pour exemple, Boris Cyrulnik, neuro-psychiatre et psychanalyste français, responsable d'un groupe de recherche en éthologie clinique à l'hôpital de Toulon et enseignant l'éthologie humaine à l'Université du Sud-Toulon-Var, est surtout connu pour avoir développé le concept de «résilience» (renaître de sa souffrance). Il nous invite à nous appuyer sur des méthodes précises d’observation et vise notamment à décoder les comportements, améliorer les relations entre l’humain et l’animal et leur bien-être.

Véronique Servais, Psychologue, enseignante-chercheure en anthropologie de la communication à l'Université de Liège (Belgique) évoque que la présence d’un animal permet de construire de «nouvelles réalités» pour le bénéficiaire, par exemple des réalités où son déficit de langage n’est pas un obstacle au développement de relations gratifiantes. L’animal apporte un potentiel de changement important dans une relation thérapeutique. Il ouvre de nouvelles perspectives, sur la base de modalités de communication différentes.

Lors des ateliers de médiation animale, l’approche éthologique et de relation homme-animal représente une plus-value pour :

  • dispenser une lecture de la communication non verbale qui se joue entre les bénéficiaires et les animaux médiateurs ;
  • analyser les interactions pour appréhender les besoins de chacun (bénéficiaires, intervenant, animaux médiateurs) et adapter les pratiques pour l’atteinte d’objectifs ;
  • être à l’écoute des émotions des animaux médiateurs afin d’assurer leur bien-être mais aussi la sécurité de chacun.

"L’attachement à l’animal apporte quelque chose que les humains ne peuvent pas apporter"

Boris Cyrulnik